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Pourquoi j’irai manifester le 26 novembre à Paris.

Pourquoi j’irai manifester le 26 novembre à Paris !

A l’appel d’un de leur syndicat, les salariés de la branche de l’aide et du soin à domicile iront manifester le 26 novembre devant le ministère de la santé pour protester contre son refus d’augmenter de 1 % la valeur du point qui n’a pas évolué depuis avril 2009. (cette augmentation représente 15 € par mois en moyenne) Malgré l’inflation, les revalorisations du SMIC depuis 5 ans et demi, les faibles salaires dans l’aide à domicile resteront gelés. En tant que directeur de l’association Aide à Domicile pour Tous Loire-Atlantique-Vendée, je ne peux que partager leurs motivations, j’ai donc décidé de les accompagner. D’abord parce que comme elles (les salariés de la branche sont majoritairement des femmes), je suis salarié de l’aide à domicile, et même à temps plein avec un salaire décent, je suis solidaire de mes collègues. Ensuite parce que je connais le métier si particulier d’aide à domicile : Ce métier où l’on se déplace de famille en famille, en pénétrant l’intimité, pour des besoins différents à chaque fois, faire face à la diversité des personnalités, à un environnement plus ou moins bienveillant, à des difficultés qui nécessitent tant d’adaptation, à des contraintes physiques, et tout cela dans la solitude de l’intervention. Ce métier qui s’exerce 365 jours par an, week-end et jours fériés, où les besoins nécessitent des interventions sur des horaires tôt le matin et tard le soir. Ce métier où l’on est trop souvent considéré comme une femme de ménage au mépris des relations tissées, de l’accompagnement social ou de l’aide apportée, des compétences polyvalentes nécessaires pour effectuer un certain nombre de gestes techniques. Enfin, au lendemain de l’adoption de la loi d’adaptation au vieillissement, alors que le maintien à domicile est unanimement encouragé, à l’heure où les besoins sociaux n’ont jamais été aussi importants, les pouvoirs publics ne peuvent plus nous dire que toutes les compétences attendues pour mieux répondre aux besoins devront se faire sans moyen. Nos salariés aiment leur métier fait d’interdépendances, d’échanges, de confiance, de patience, de connaissances intimes des habitudes, des modes de vie, exigeant de la part des professionnels des capacités d’écoute, d’anticipation, de réactivité, de prévention et d’esprit d’initiative ; mais comme tout travail, un minimum de reconnaissance s’impose pour éviter l’indécence.

Geoffroy VERDIER, directeur de l’association ADT44-85